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Femmes Leaders : réinventent-elles le pouvoir ?

L’inclusion des femmes dans les sphères de décision n’est pas une option, mais un levier stratégique.
Véronique Girma Managing Partner Turningpoint International coaching and leadership development consultancy

Véronique Girma

Co-fondatrice Turningpoint, Managing Partner, Senior Executive Coach

Appeler plus de femmes à des postes de gouvernance est bien sûr une affaire d’équité; c’est aussi un levier de performance. Les entreprises avec une réelle mixité dans leurs instances dirigeantes affichent une rentabilité accrue.

Plus de femmes dirigeantes, et le pouvoir se réinvente.  Dans un monde instable, complexe, mouvant,  les femmes leaders réussissent particulièrement en matière de communication, d’agilité et de prise de décision.  Pourquoi ? Peut-être parce qu’elles exercent plus souvent un leadership transformationnel – un leadership fondé sur l’écoute, l’intelligence émotionnelle, l’inclusion et l’encouragement à l’autonomie. Autant de compétences désormais centrales dans les organisations collaboratives et innovantes.

Alors, existe-t-il un « leadership féminin » face à un « leadership masculin » ? Il existe plutôt des leaders femmes et des leaders hommes, qui exercent leur responsabilité avec ce qu’ils sont profondément : leurs talents, leurs expériences, leurs doutes, leur énergie, leurs émotions, leur corps avec ses rythmes et ses fragilités.

Mais tant que le leadership restera inconsciemment associé à des traits perçus comme masculins – autorité, rationalité froide, domination – les femmes seront sous-représentées. Encore ralenti par des biais inconscients et des obstacles systémiques organisationnels et sociétaux, leur accès à des postes de leadership reste un défi.
Mais ce paradigme doit changer.

 

Un enjeu : le désir

Outre ces obstacles réels se joue aussi un autre enjeu d’importance, plus personnel, celui de leur propre désir. Trop souvent, les femmes ne s’autorisent pas à vouloir le leadership. Non pas parce qu’elles en seraient incapables, mais parce que le désir de diriger reste flou, timide, parfois entravé. Peur d’être jugée. Peur de se trahir. Peur d’être « trop » ou « pas assez ».

Or, aucun vrai leadership ne se construit sans désir clair, sans une ambition qui est d’abord un choix : une décision de créer un mouvement, à un moment donné, dans un contexte particulier. Ensuite, il se cultive.

Il y a celles qui aspirent profondément à exercer un rôle de leader, mais n’osent pas encore se l’avouer. Elles attendent de « se sentir prêtes », de « cocher toutes les cases », de « mériter leur place ». Elles cherchent une légitimité que personne ne viendra leur donner. Il faut faire grandir ce désir, l’habiter, le rendre audible, sans s’excuser de l’avoir.

Et il y a celles – et ceux ! – qui ne veulent pas être leaders, du moins pas dans la forme qu’on leur impose : autoritaire, sacrifiée, désincarnée. Elles, comme eux, doivent pouvoir refuser sans culpabilité, en assumant que ce pouvoir-là n’est pas la seule forme de contribution ni de réussite.

Dans les deux cas, ce qui compte, c’est d’assumer. De choisir, librement.
Car ce n’est pas la fonction qui fait le leader. C’est l’intention, le positionnement intérieur, la cohérence avec soi.

 

Un défi : le changement de regard.

Sur soi-même, sur ses propres modèles, sur ses freins.
Sur ce syndrome de l’imposteur, que partagent largement, de fait, femmes et hommes, mais qui est souvent vécu différemment. Là où certains compensent parfois par la compétition ou la surperformance, d’autres sont encore trop nombreux à douter en silence.

Il est temps de faire de l’espace à une autre façon de diriger.
Une façon plus humaine, plus intégrée, plus consciente. Pas une « nouvelle mode » du leadership.
Un ajustement nécessaire au réel.

(Sources : McKinsey, Credit Suisse)

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